En Côte d’Ivoire, Gbagbo appelle à s’opposer à un quatrième mandat de Ouattara

L’ancien chef de l’État ivoirien, Laurent Gbagbo, candidat à la présidentielle du 25 octobre bien qu’inéligible, a appelé, samedi 16 août à Abidjan, ses partisans à s’opposer à un quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara.

Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire à un peu plus de deux mois de l’élection présidentielle : des leaders d’opposition sont inéligibles et des militants d’opposition ont été arrêtés ces dernières semaines.

« Je voudrais que vous tous qui êtes là, vous alliez lui dire qu’il ne fera pas ce quatrième mandat. Il faut être clair et net, il n’y aura pas de quatrième mandat. Notre détermination est sans faille », a lancé Laurent Gbagbo, lors d’un meeting, samedi 17 août, durant un discours d’une quarantaine de minutes principalement axé sur ce thème.

« Je suis candidat contre le quatrième mandat, a ajouté celui qui a gouverné la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, appelant ses militants à des marches. Le président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), 80 ans, s’exprimait devant des milliers de militants qui avaient rempli la place Figcayo de la commune abidjanaise de Yopougon, l’un de ses bastions historiques.

Une décision du Conseil constitutionnel contestée

Fin juillet, Alassane Ouattara, qui a succédé à Laurent Gbagbo en 2011 après des mois de violente crise, a annoncé sa candidature pour un quatrième mandat, assurant que la Constitution l’y autorise.

La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé en 2020 qu’avec la nouvelle Constitution adoptée quatre ans plus tôt, le compteur des mandats présidentiels avait été remis à zéro. Ce que l’opposition a toujours contesté.

Samedi dernier, des milliers de militants des deux principales formations d’opposition, le PPA-CI et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), avaient manifesté dans le calme dans les rues de Yopougon, notamment contre ce quatrième mandat.

Samedi, Laurent Gbagbo a également demandé « la libération » des militants d’opposition emprisonnés ces dernières semaines. Onze membres de son parti, dont un ancien ministre, ont été inculpés en début de semaine pour « acte terroriste », après des incidents début août à Yopougon.

Outre Laurent Gbagbo, son ancien bras droit Charles Blé Goudé et l’ex-Premier ministre en exil Guillaume Soro sont aussi radiés des listes électorales en raison de condamnations judiciaires. Tidjane Thiam, le président du PDCI, est pour sa part inéligible pour des questions de nationalité.

(Avec AFP)

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