Les deux prévenus sont aussi poursuivis pour enrichissement illicite. Pour Me Faya Gabriel Kamano, il n’y a aucune adéquation entre leurs revenus et les patrimoines immobiliers. C’est pourquoi, sur le fondement des dispositions des articles 4 et 486 du code de procédure pénale il a sollicité que Dr Ibrahima Kourouma soit condamné au paiement de 550 milliards 278 millions 427 milles 598 plus 12 millions de dollars à titre principal et 100 milliards à titre de dommages et intérêts. L’avocat a également sollicité la condamnation de Mohamed V Sankhon au paiement de 57 milliards 242 millions 357 milles 211 francs guinéens à titre principal et 50 milliards à titre de dommages et intérêts. Me Faya Gabriel Kamano a demandé à la Cour d’ordonner la confiscation de tous les biens des prévenus cités dans l’ordonnance de renvoi et dans le courrier du conservateur foncier. L’avocat de la partie civile n’a pas manqué de solliciter l’exécution provisoire sur les montants de dommages et intérêts qui seront retenus par la Cour, nonobstant tout recours. A la suite de Me Faya Gabriel Kamano, la Cour a donné la parole au ministère public pour ses réquisitions.

Le procès de l’ancien ministre de l’Éducation préuniversitaire, Dr Ibrahima Kourouma, et de l’ancien Directeur Administratif et Financier (DAF) du même département, Mohamed V Sankhon, touche à son épilogue avec la réquisition de cinq ans de prison à leur encontre, ainsi qu’une amende de 50 milliards de francs guinéens, ce 17 mars 2025.

Ce réquisitoire a été prononcé par le substitut du procureur au sein de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), dans le cadre de leur implication présumée dans un détournement de fonds publics et un enrichissement illicite.

Dr Ibrahima Kourouma a été placé sous mandat de dépôt le 21 avril 2022, après avoir été accusé de malversations financières portant sur des sommes colossales. Dans ce dossier, lui et Mohamed V Sankhon sont soupçonnés d’avoir détourné plus de 12 millions de dollars américains et 612 milliards de francs guinéens pendant leur gestion des fonds publics destinés à l’éducation préuniversitaire et à d’autres projets gouvernementaux.

Le substitut du procureur a détaillé les faits reprochés aux prévenus, soulignant leur responsabilité dans la mauvaise gestion des fonds publics et leur enrichissement personnel. Selon l’accusation, les terrains et propriétés acquis par Dr Kourouma et Mohamed V Sankhon durant leur mandat seraient le fruit de l’utilisation illégale des fonds publics à des fins privées. Le procureur a insisté sur le fait que ces acquisitions ont été réalisées alors qu’ils occupaient des postes de pouvoir au sein du ministère de l’Éducation préuniversitaire.

Pour le substitut du procureur, l’ex-ministre devrait « avoir le courage de s’excuser auprès du peuple de Guinée », précisant que la gestion de Dr Kourouma et Sankhon avait non seulement compromis des ressources publiques, mais aussi terni l’image de l’État.

Face à ces accusations, le procureur a demandé que les deux prévenus soient condamnés à cinq ans de prison chacun, en vertu des articles 164, 165 et 716 du Code pénal guinéen. Une amende de 50 milliards de francs guinéens a également été requise, en plus de la confiscation des biens des prévenus déjà identifiés et de ceux qui pourraient l’être à l’avenir par la DOCAD.

Le procureur a également souligné que les prévenus doivent être tenus responsables de l’intégralité des fonds détournés, en appliquant les dispositions de l’article 768 du Code pénal, qui impose la saisie des biens lorsque les montants détournés n’ont pas été restitués. Cette mesure de saisie concerne également les biens que la DOCAD pourrait identifier dans les mois à venir.

Des réquisitions contre lesquelles la défense plaide actuellement, avançant des arguments visant à prouver l’innocence de leurs clients, qui continuent de plaider non coupables.

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