Transition : le FNDT de Bogola Haba se fait entendre.

Le Front national pour la défense de la transition (FNDT) a rendu publique une déclaration ce jeudi 30 novembre à la maison de la presse. C’était à l’occasion d’une conférence de presse qui avait pour thème: « Pourquoi il faut absolument rediscuter les termes du contenu du chronogramme de la transition guinéenne »
Déclarations
« Après deux ans de réformes difficiles et impopulaires initiées par les militaires au pouvoir en Guinée, le Front national pour la Défense de la Transition (FNDT), suite à une analyse profonde des actes posés et des reformes en cours, constate que le chronogramme de deux ans issus de l’accord dynamique entre la Guinée et la CEDEAO n’est plus tenable. Par conséquent, elle encourage chaque acteur à faire ce constat à son niveau pour se préparer collectivement à un dialogue courageux visant à s’accorder sur un contenu non partisan de la Transition et à définir un nouveau chronogramme qui tient compte des causes profondes ayant conduit aux coup d’Etat civile de 2020 et militaire de 2021. Ces causes profondes qui n’ont jamais permis l’alternance démocratique pacifique et la prospérité économique sont d’ordre social, économique et politique. Parmi ces causes, nous pouvons citer entre autres :

1. Des constitutions guinéennes inadaptées à la réalité locale et qui sont à l’origine de la prolifération de multiples partis politiques n’ayant pas les moyens humains, financiers et stratégiques pour être républicains, transversaux, impersonnels et couvrant tout le territoire.
2. Des fichiers statistiques de la population sources de conflits électoraux et de la mauvaise planification des politiques publiques de développement

3. Un processus électoral manuel, lourd et biaisé par des interventions multiples entre les bureaux de vote et la centralisation nationale

4. Des juges électoraux corrompus et inféodés à l’exécutif

5. Le chômage exagéré ayant fait de l’Etat le principal employeur depuis 1984. Une situation qui met plus de 80 % de la population dans une condition de précarité dont sa pression empêche l’appropriation des règles élémentaires de la démocratie et de la bonne gouvernance et aggrave le repli identitaire et la recherche de solution de facilité comme la corruption et l’enrichissement illicite.

6. L’ethnicisation à outrance de l’administration publique civile et militaire à cause de l’accès au pouvoir des organisations politiques et militaires à coloration ethnique et non républicaine comme nous l’avons connu ces dernières années.

7. L’impunité et l’enrichissement illicite ayant créé une bourgeoisie et une aristocratie politique et économique inféodées à la gestion de l’Etat et de la commande publique qui étouffe l’émergence d’un secteur privé efficace, performant qui devrait permettre la naissance de champions nationaux innovateurs.

8. L’absence d’investissement massif public et privé structurant capable de booster l’économie et de générer une classe moyenne consommatrice de la production locale

9. La dépendance coupable et durable du budget de l’Etat aux activités d’extraction minière sans valeur ajoutée locale

10. La relégation au second plan de l’éthique, de la morale et de la culture du travail et du mérite dans l’éducation académique, religieuse et citoyenne des populations et des dirigeants

11. L’absence pendant près de trente (30) ans d’un agenda national non-partisan sur les fondamentaux de la nation.

Pour résoudre ces problèmes profonds, il faut à la Guinée des reformes sociales, économique et politiques courageuses portée par un gouvernant qui n’a pas d’agenda politique et de pression partisane communautaire ou politique ou militaire ou diplomatique sur son épaule et qui ne cherche la popularité. La réalité de la gouvernance de ces deux ans nous démontre que seul un gouvernement de transition militaire apolitique est mieux placé pour ce travail à condition que les guinéens dans leur majorité le confient une mission objective qui ne devrait pas se résumer seulement à l’organisation des élections pour changer de chefs mais plutôt à l’exécution d’un agenda national commun de Rassemblement, de Refondation, de Redressement, de Rectification intentionnelle et de Repositionnement diplomatique et militaire stratégique assortie d’un chronogramme réaliste, consensuel avec des indicateurs de performance connu et accepté de tous.

Dans le cadre de ce nouveau pacte national, nous pouvons prendre :

Les 45 recommandations des assises nationales citoyennes et la réforme des Forces de Défense et de Sécurité comme la dimension cohésion sociale de la transition.

Les 44 projets et plus de la priorité présidentielle comme la dimension économique de la transition
Les 10 étapes du chronogramme de l’accord dynamique avec la CEDEAO pour le retour à l’ordre constitutionnel comme la dimension politique de la transition

Ainsi, le chronogramme définitif de la transition devra découler du planning et du budget d’exécution des activités indispensables de ces trois dimensions nécessaires pour une transition réussie à la satisfaction du peuple de Guinée et de ses partenaires bi et multilatéraux.

Pour ce faire,

Un dialogue inclusif autour de la même table en Guinée et sans influence sur la justice est indispensable.

L’Unité sacrée des Forces de Défense et de Sécurité autour de l’agenda national et du Président du CNRD est indispensable

Une moralisation sans faille et une gouvernance vertueuse de la gestion publique par l’administration civile et militaire pour construire la confiance entre la transition et les populations est un passage obligé.

Un soutien technique et financier responsable de la communauté internationale à la transition sera un atout.

Dans l’espoir que chaque Guinéen et ami de la Guinée sera dans la disposition d’apporter sa contribution à la réussite de la transition, nous exhortons le peuple de Guinée à resserrer les rangs pour la construction de la paix et de la cohésion sociale.

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