Guinée : pourquoi Coyah est une zone à risque d’inondation ?

La préfecture de Coyah a enregistré de fortes pluviométries dans la nuit de samedi à dimanche 06 août 2023. Ce qui a entraîné des dégâts matériels importants et deux morts (un cas de mort à Coyah et à Kindia)

Certes, Coyah est connu pour être la préfecture la plus arrosée de la Guinée maritime, mais les précipitations de ces deux jours ont surpris plusieurs habitants. Louncény Cissé, climatologue, pense que « Ce débordement peut être lié à une abondance de pluie en saison humide ou au rétrécissement d’un cours d’eau par suite d’aménagement notamment les constructions de barrages et de bâtiments. Fondamentalement, ce sont les principales causes d’une inondation. En ce qui concerné la pluviométrie, cela peut s’expliquer actuellement par l’effet d’un réchauffement climatique. Une augmentation de température peut accélérer l’évaporation et celle-ci aussi entame à son tour l’abondance des pluies à certains endroits. »

Il faut noter les régions montagneuses sont généralement pluvieuses. Cela peut être dû à l’évolution de la température et de la pression, estime ce spécialiste en climatologie. « Quand une zone est montagneuse, la montagne influence positivement sur la formation des nuages. Ce qu’on appelle les nuages orographiques. C’est le cas de Dalaba, de Labé, de Dubréka et de Coyah, qui sont respectivement des villes montagneuses. Par conséquent, la montagne influence la formation des nuages orographiques qui donnent également des pluies. Et généralement, les cours d’eau naissent dans les zones montagneuses. Ce sont donc des zones à risque d’inondation. »

Pour prévenir les risques liés à l’inondation, Louncény Cissé recommande.

« Les prévisions météorologiques constituent la première source d’information pour éviter les inondations. Deuxième aspect, c’est au niveau des services de l’aménagement urbain. Lorsque nous prenons les lotissements en milieu urbain, en principe, les services d’aménagement doivent prévenir les zones à risque, c’est-à-dire les terrains situés en bordures immédiates du lit des cours d’eau ne doivent pas être occupés par la population. Quand on prend ces mesures à l’avance, cela peut permettre à la population de ne pas subir les effets d’une inondation. »

Aussitôt informé, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation s’est rendu sur les lieux. Mory Condé a déploré les constructions anarchiques au bord du fleuve Kitema, le seul marigot d’eau qui traverse la localité de Maneah, lieu du sinistre.  

Ciré Diallo

Loninfosgn@gmail.com

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