À Coyah, pour ses opinions politiques, Fodé Ibrahima Cissé, militant de l’ancien parti au pouvoir, le RPG-Arc-En-Ciel, est inquiété, intimidé, violenté et menacé de mort par Alhassan Camara (Gendarme). Les menaces violentes ciblées contre le militant politique lui ont créés d’énormes ennuis. Ce sujet a attiré l’attention de notre rédaction(Investigations)…
Selon plusieurs sources, Fodé Ibrahima Cissé est commerçant et militant du RPG-Arc-En-Ciel à Coyah. Le gendarme, Alhassan Camara se croyant fort, a utilisé son pouvoir pour menacer, intimider et violenter le militant politique pour avoir appartenu à l’ancien parti au pouvoir, tout en accusant le militant politique parmi les personnes qui ont mis la Guinée en retard.
Le calvaire de Fodé Ibrahima Cissé…
Selon plusieurs témoins, les faits remontent en novembre 2022 à Coyah, lorsque le gendarme Alhassan Camara s’est présenté physiquement dans la boutique de Fodé Ibrahima Cissé.
Il s’agissait pour la première fois que l’homme en uniforme se rendait lui-même dans cette boutique, ayant l’habitude d’y envoyer d’autres personnes pour effectuer ses achats. Il s’est aussitôt mis à poser des questions à Fodé Ibrahima Cissé sur son appartenance politique avant de l’attraper par le col de son pull, puis le tirer violemment vers lui tout en l’accusant d’être « un traître à la nation » et un agitateur politique.
La situation s’est rapidement dégénéré. Après avoir contourné le comptoir, le gendarme lui a asséné plusieurs coups de poing au visage. Sous la violence des coups, le jeune commerçant tomba au sol, souffrant de douleurs à la mâchoire et à la tête. L’agresseur a ensuite quitté les lieux, laissant la victime étendue à terre.
Cet incident, nous confie-t-on, ne serait pas un acte isolé. Cette agression s’inscrivait dans une série de pressions liées à son engagement politique.
D’autres sources indiquent que le gendarme a par la suite dénoncé Fodé Ibrahima Cissé aux autorités locales de Coyah, dans le but de renforcer les intimidations à son encontre.
Quelques semaines auparavant, le 20 octobre 2022, Fodé Ibrahima Cissé avait déjà été interpellé lors d’une manifestation organisée par les Forces Vives de Guinée. Cette mobilisation politique avait été interdite par les autorités de transition, mais plusieurs militants et sympathisants avaient tout de même tenté de manifester. Au cours des opérations de maintien de l’ordre, le jeune commerçant a été arrêté par les forces de sécurité.
Il a été détenu pendant deux jours dans des conditions difficiles, subissant des interrogatoires répétés. Sa libération est finalement intervenue le 22 octobre 2022, grâce à l’intervention et à la mobilisation de sa famille » nous confie-t-on.
Le calvaire de Fodé Ibrahima Cissé ne s’arrête pas aux violences politiques subies en 2022. Le 15 juin 2023, il a été victime d’une perquisition arbitraire et destructrice menée par les autorités locales dans sa boutique et sa maison familiale.
Sa mère, âgée et fragile, et sa sœur ont été « complètement déstabilisées et effrayées » par l’irruption soudaine des agents. « Ils ne cherchaient rien de concret, mais ont tout détruit avant de repartir », ajoute un voisin.
Témoignages du voisinage…
« C’est inadmissible ce qui se passe ici. Les gendarmes viennent chez Fodé sans motif, brisent tout, et personne n’ose intervenir. Nous vivons dans la peur. Nous avons vu les gendarmes renverser les étagères et jeter les marchandises au sol. Si cela continue, aucun commerçant n’osera rester dans le quartier.»
Le cas de Fodé Ibrahima Cissé intervient dans un contexte politique marqué par de fortes tensions autour des libertés publiques et des activités politiques en Guinée. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont, ces dernières années, appelé à davantage de vigilance concernant les violences et les abus commis lors d’opérations de maintien de l’ordre ou dans le cadre d’activités politiques.
Pour de nombreux observateurs, de telles violences rappellent l’importance de renforcer les mécanismes de contrôle et de responsabilité afin de garantir la protection des citoyens et le respect des libertés fondamentales, quelles que soient leurs opinions politiques.
Amara Camara