Les premières actions de poursuite du procureur spécial de la CRIEF, en l’occurrence M. Alphonse Charles Wright, redonnent espoir à des milliers de Guinéens, longtemps désespérés face à la recrudescence de la corruption et du détournement des deniers publics.
Le lundi 27 avril dernier, une véritable armada d’anciens ministres a été mise en cause. Parmi eux figurent l’ancien Premier ministre, Dr Kassory Fofana, M. Rémy Lamah, ancien ministre de la Santé, ainsi que M. Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense nationale, et M. Albert Damantang Camara, ancien ministre de la Sécurité.
Ces dossiers ont été précédés par celui de l’ancien président de la délégation spéciale, Badra Koné, et de ses coaccusés, poursuivis pour des faits de corruption, de détournement de deniers publics, de blanchiment d’argent, de faux en écriture et de prise illégale d’intérêts.
Les montants cumulés de ces affaires, actuellement en jugement devant la CRIEF, sont estimés à plusieurs centaines de milliards de francs guinéens. Cela dans un pays où les services publics restent dérisoires, où le chômage des jeunes est préoccupant et où la dégradation — voire l’inexistence — des infrastructures publiques dépasse tout commentaire.
Cette première vague de personnalités, autrefois considérées comme intouchables, démontre la rigueur du procureur, qui jouit d’une popularité incontestable auprès des populations et de la confiance totale du chef de l’État.
Selon plusieurs observateurs, ce retour en force de la justice constitue bien plus qu’une simple action judiciaire : il s’agit d’une nécessité pour restaurer la crédibilité d’une institution qui commençait à susciter le doute quant à son efficacité.
Nous prions le Tout-Puissant Allah de protéger ce grand patriote, qui contribue à réconcilier les justiciables avec l’institution judiciaire.
Aujourd’hui, l’actualité de la CRIEF est l’une des plus suivies du pays. Les citoyens se mobilisent massivement pour accéder aux audiences, se battant parfois bec et ongles pour obtenir une place dans les espaces réservés au public.
Ainsi, le slogan selon lequel « la justice est la boussole » n’est plus un vain mot, mais une réalité que l’opinion publique savoure pleinement.
Youssouf Camara