Le journaliste Alhassane Koket Fadiga, Reporter du journal L’INDEXEUR, a été arrêté avec brutalité à son domicile de Hamdallaye 1, dans la commune de Ratoma, par des policiers encagoulés avant d’être conduit à la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Cameroun.
Accusé d’être parmi les auteurs de publication des images sur les réseaux sociaux de l’arrestation humiliante du coordinateur du FNDC, Foniké Manguè, en juillet 2022, le reporter a été frappé, menacé et soumis à des pressions pour dénoncer et livrer ses complices. La société civile et le responsable du journal dénoncent une atteinte grave à la liberté de la presse. L’arrestation d’Alhassane Koket Fadiga, survenue le mardi 23 août 2022 à Hamdallaye 1, a provoqué une vive émotion dans le quartier et au sein de la rédaction du journal L’INDEXEUR.
Selon plusieurs voisins, des hommes encagoulés, identifiés comme des agents des forces de sécurité, ont fait irruption au domicile du journaliste en milieu de matinée. « Ils sont arrivés brusquement, certains armés. Ils ont frappé à la porte avec insistance avant d’entrer. Nous avons entendu des cris », raconte un riverain, encore sous le choc.
Une autre voisine affirme avoir vu le journaliste être emmené de force. « Ils lui ont présenté un papier, sans vraiment expliquer. Ensuite, ils l’ont saisi violemment. Nous avons vu qu’il était malmené. C’était choquant », confie-t-elle.
D’après ses proches, le journaliste avait reçu, dans les semaines précédentes, deux convocations l’invitant à se présenter à la CMIS N°1 de Cameroun au cours du mois de juillet. Craignant pour sa sécurité, il ne s’y serait pas rendu.
Le mardi 23 août, les agents seraient revenus avec une nouvelle convocation avant de procéder à son arrestation. Selon des informations recueillies auprès de la rédaction, il aurait été conduit à la CMIS de Cameroun, où il aurait subi des violences physiques et des menaces de mort. Les agents chercheraient à obtenir des informations sur les personnes ayant filmé et photographié l’arrestation de Foniké Manguè le 5 juillet 2022.
Joint par nos soins, le Directeur de publication du journal L’INDEXEUR, Alseny Camara, dénonce une arrestation brutale et une atteinte grave à la liberté de la presse.
« Notre reporter n’a fait que son travail : informer. Relayer une vidéo d’intérêt public ne constitue pas un crime. S’il y avait des clarifications à apporter, elles pouvaient se faire dans un cadre respectueux de la loi et de la dignité humaine », a-t-ildéclaré.
Il appelle les autorités compétentes à garantir l’intégrité physique du journaliste et à respecter les procédures légales. « Nous demandons que ses droits soient pleinement respectés et qu’aucune pression ne soit exercée sur lui pour révéler ses sources, ce qui serait contraire aux principes fondamentaux du journalisme », a-t-il ajouté.
Dans le quartier de Hamdallaye 1, l’émotion reste vive.
Plusieurs habitants estiment que la manière dont l’interpellation a été menée a semé la peur. « Nous ne comprenons pas pourquoi tant de violences. C’est un jeune homme calme, connu dans le quartier », affirme un notable local.
Au-delà du cas individuel, cette arrestation relance le débat sur la protection des journalistes et l’exercice du métier dans un contexte marqué par des tensions politiques et sociales. En attendant des clarifications officielles, la rédaction de L’Indexeur dit rester mobilisée et exige que toute la lumière soit faite sur les conditions d’interpellation et de détention de son reporter.
Boubacar 1 Sow.