Hamdallaye : Abdoulaye Diogo Diallo, militant de l’UFDG, arrêté pour avoir manifesté contre la junte au pouvoir…
Alors qu’ils répondaient le vendredi 22 juillet 2022, de l’appel à manifester de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) contre la junte militaire pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel, plusieurs jeunes militants ont été violemment réprimés dans les rues de Conakry. À Hamdallaye, Abdoulaye Diogo Diallo a été interpellé brutalement, battu puis conduit dans un commissariat de Cosa. Aujourd’hui, il est introuvable. Ses parents dénoncent une répression aveugle qui a plongé leur famille dans la peur et l’angoisse.
Témoignages
« Nous étions plusieurs jeunes réunis à Hamdallaye. Nous avions des pancartes et nous voulions marcher pour exprimer notre position. Mais les forces de l’ordre sont intervenues très rapidement. Elles ont dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes, puis il y a eu des tirs à balles réelles. Beaucoup de nos camarades sont tombés sous les balles, d’autres ont été grièvement blessés », témoigne ce jeune militant de l’UFDG, qui dit avoir vécu cette journée comme un traumatisme.
Selon un autre jeune rescapé de la manifestation, la répression a été d’une extrême brutalité. Pris dans la panique générale, il affirme que le jeune Diogo a été interpellé avec plusieurs autres jeunes avant d’être embarqué de force par les agents de sécurité. « J’ai été arrêté avec mon ami Abdoulaye Diogo Diallo et d’autres militants.
Nous avons été conduits au commissariat de Cosa. Avant je ne sois libéré, j’ai vu la peur, le sang et la violence. Beaucoup de jeunes ont été arrêtés alors qu’ils ne faisaient que manifester », poursuit-il.
Pour les parents du jeune militant, le souvenir de cette journée reste douloureux. Sa mère raconte avoir appris son arrestation dans la confusion, alors que des rumeurs de morts et de blessés circulaient dans tout le quartier.
« Quand on m’a dit que mon fils avait été arrêté, j’ai cru qu’il était mort. Toute la journée, on entendait les tirs, les cris, les sirènes. Je ne savais pas où il était, ni dans quel état il se trouvait. C’était l’angoisse totale », confie-t-elle, encore bouleversée.
Son frère, lui, dénonce une violence injustifiable contre des jeunes qui, selon lui, ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester. « Mon jeune frère n’est pas un délinquant. C’est un jeune engagé politiquement, comme beaucoup d’autres à Hamdallaye. Le voir arrêté, frappé et jeté en prison comme un criminel nous a profondément détruits », lâche-t-il avec émotion.
Dans ce quartier de la banlieue de Conakry, plusieurs familles gardent encore les séquelles de cette journée de contestation. Arrestations, blessés, disparitions temporaires de proches, peur de sortir : la manifestation du 22 juillet 2022 a laissé des traces profondes.
Bangaly Bangoura